Magali Vuffray: «Ce sont de belles leçons»

Magali a toujours eu un intérêt marqué pour autrui et accepte difficilement de côtoyer les gens qui l’entourent dans l’indifférence. «On se croise mais on ne se rencontre pas.» Le bénévolat relève bien évidemment de cette volonté de briser des barrières. «Parmi une foule de personnes, on arrive à voir quelqu’un dont on connaît le parcours.»

Magali enseigne le français une fois par semaine auprès des requérants d’asile de la PC des Trois-Chêne. «Les primo arrivants sont confinés dans l’anonymat et souffrent de ne pouvoir se raconter. Parler, ça les nourrit autant que la nourriture. Alors ils apprennent avec sérieux.»

Dans cette période très déroutante où elle fait ses premiers pas en Suisse, «la personne est reconnaissante qu’on s’adresse à elle. Une fois un jeune homme, ému, m’a remercié à la fin d’une conversation en expliquant que j’étais la première Suissesse à lui parler. A chaque fois, l’impression est la même: toutes ces personnes nous manifestent beaucoup de sympathie, comme si l’on venait de faire quelque chose d’immense pour eux. On reçoit énormément en retour.»

«Le bénévolat est une belle occasion de déconstruire nos préjugés respectifs, les leurs et les nôtres. Cela nous permet d’avancer ensemble.  Des amis viennent aussi se greffer à ces cours ou proposer d’autres activités, des sorties à la patinoire ou des visites de musée. Un groupe de course à pied a même été créé grâce à ces précieuses aides. Les réseaux sont un plus ! Cela élargit tout de suite les possibilités.»

Magali est convaincue par l’enrichissement mutuel de toutes ces démarches. «Sans vouloir être moralisante, je trouve qu’on a tout ici, mais à mes yeux, pas toujours l’essentiel. Ils nous donnent de belles leçons.»

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